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dimanche 12 octobre 2014

De 1950 à 1970 ! ! ! !




Bonjour,

Aujourd’hui, je voudrais vous faire connaître une partie de ma vie que,
 je suis sure, je partage avec de nombreux d’entre vous.

Les années 50
A début des années cinquante,mes parents et moi-même, partîmes nous installer en Algérie 
où nous sommes restés une dizaine d’années ( jusqu’à l’indépendance de 1962).
Beau pays, où j’ai quasiment passé mon enfance et 
dont je ne garde que de bons souvenirs hormis ceux relatifs à la guerre 
que nous avons vécue intensément ; 
je me souviens du 13 mai 1958 – date de la prise de pouvoir des généraux- 
où nous étions à Oran et mon père, 
bloqué en France avec impossibilité de revenir pendant un mois ! ! !




Les derniers temps furent difficiles et les attaques au bazooka contre le lycée 
que je fréquentais étaient courantes, nous obligeant, 
maman et moi, à courir tout le long du Front de mer
 pour rentrer à la maison portant l’énorme sac de classe 
que peuvent avoir les élèves en sixième ! ! ! !

Mais que de bons souvenirs comme ceux de ces plages sauvages 
comme les Andalouses ou Petit-port, ces odeurs d’épices et
 ces bonnes glaces qu’étaient les créponées et 
tout cela sans oublier l’appel du muezzin de la mosquée de notre rue. 
 Je ne suis jamais retournée à Oran et cela reste une démarche 
que j’aimerai effectuer avant de disparaître mais la peur me tenaille et 
 je ne sais si j’aurai le courage de revenir dans ces lieux chargés de tant de souvenirs ! ! ! !

Avant l’indépendance, notre appartement fut plastiqué par l’OAS
 et papa jugea utile de me pas rester outre mesure dans ce pays.
 Il faut signaler que nous partions de juin à octobre en métropole
 et de ce fait, avions été considéré comme de mauvais français 
 entraînant donc une action terroriste à notre égard.
 Ce plastiquage intervint alors que seul mon père était en Algérie et
 ce dernier revint alors précipitamment chez mes grands-parents maternels 
où nous passions nos vacances annuelles.
Mes parents repartirent « faire » le déménagement et 
affirmèrent qu’il fut l’un des derniers effectués correctement et
 le tout fut envoyé à Sète (Hérault).

Mais que faire de leur enfant prodigue ?
La seule solution fut de m’inscrire pour une courte période
 ( trois mois ) dans une école religieuse non loin de mes grands-parents.
J’entrai donc à l’école Sainte Thérèse de l’enfant Jésus de Sault les Rethel 
où je découvris un monde inconnu qui alliait la prière aux études.
Je ne garde que peu de souvenirs de cette époque 
si ce n’est les agréables soirées passées avec Mamy Cocotte et Pépé
 à faire mes devoirs à la lampe à pétrole
 compte tenu du fait qu’ils n’avaient pas encore l’électricité ! ! ).
 Seule la radio réglait nos loisirs et si j’ai bonne souvenance,
 nous écoutions Radio Luxembourg dont les programmes 
changeaient tous les soirs ( radio crochet, théâtre etc….)

Nous étions alors considérés comme des rapatriés d’Algérie et
 il faut être honnête : peu aimés par nos compatriotes.
C’est l’époque où je ressentis pour la première fois
 une forme de racisme ou de discrimination à mon égard ! ! !
 Quel choc pour une enfant d’une douzaine d’années
 qui avait déjà côtoyé tant de cultures et de mentalités différentes
 ( catholique, musulmane ou juive) et 
qui ne comprenait pas pourquoi le seul fait d’arriver d’Algérie engendrait des problèmes.
Mon caractère extraverti me poussait à parler énormément et 
maman me demandait toujours de me taire en raison
 du fort accent pied-noir que j’avais ramené de l’autre coté de la méditerranée ! ! ! ! !
Je partis ensuite pour l’Allemagne ( Baden-Baden) où une nouvelle vie commença.

Voila, vous connaissez maintenant un épisode de ma vie, 
qui au seul fait de les décrire,
me plonge dans des souvenirs douloureux encore à l’heure actuelle. 
Il faut reconnaître que les documentaires et reportages 
sur la guerre d’Algérie sont des plus rares 
car je pense que les plaies ne sont pas encore pansées……….
il faudra, à mon humble avis attendre encore des générations
 pour montrer et expliquer les faits
 sans heurter les sensibilités et les rancoeurs des deux parties.

 Les années 60 et Mai 68.
la grande insouciance ! ! 

Après les vacances de Noël, je partis pour Sète pendant une année.
Là, je découvris les copains, le rock et l
les mobylettes sans oublier l'étang de Thau après le lycée.

Puis nous partîmes en Allemagne, à Kronberg près de Frankurt/Main plus exactement,
 et mes parents durent me mettre en pension dans un lycée français, 
 le fameux lycée Charles De Gaulle de Baden-Baden 
distant d'environ 300 Km de la maison.
Grand changement dans ma vie, où je ne fréquentais
 alors que des enfants de militaires ou de diplomates 
et dont je garde une tendresse sans borne. 

Pour la petite histoire, grâce à un site Internet, 
je viens de retrouver une amie de cette époque et
 toutes les deux avons été très heureuses de ces retrouvailles après quatre décennies ! ! !

Cette époque de ma vie fut riche en apprentissage ; 
je pense m'être forgée le fait d'être autonome et d'être obligée de me débrouiller ! ! . 
Je prenais le train toute seule dans un pays où je ne comprenais pas vraiment la langue et 
gérais toute seule mes petites affaires à partir de 12 ans ! ! !

Bien sur, mes parents étaient présents 
mais compte tenu des nombreux dimanches ou j'étais collée,
 je n'avais pas vraiment l'occasion de rentrer souvent. 
Et puis, il faut bien avouer que les dimanches (même de colle) 
 passés à Baden étaient bien plus agréables que ceux que je pouvais avoir à Frankfort.
 Pensez donc, nous allions l'après-midi au cinéma militaire ! ! ! ! 
 C'était le summum !!!!

Vous aurez ainsi compris que je menais une existence heureuse 
et sans problèmes et 
cela constituait le désespoir de mon père qui, 
pour couronner le tableau- connaissait le proviseur du lycée,
 ayant été prisonnier de guerre avec lui ! ! ! !
Combien de fois n'ai-je pas été appelé dans le bureau de M. Meyer 
qui ne disait : 
Anne Marie que vais-je pouvoir dire à ton père ?
Cette période idyllique prit fin après que j'eus brillamment loupé mon BEPC
mais je passais en seconde : L'honneur était sauf ! ! !

Nous arrivâmes à Lille plutôt Croix Wasquehal
 où j'eus mon premier moyen de transport : un solex !!! 
Que j'étais fière ! En effet, je faisais partie d'une équipe de copains 
dans laquelle tout le monde était motorisé sauf moi ! !
 Et pour mon anniversaire j'eus le grand bonheur de recevoir Mon solex ! ! !
Mes parents n'étaient pas très rassurés et maman se cachait
 le matin au coin d'une rue pour nous voir tous partir ensemble 
et traverser le parc Barbieux………….
Bien sur, je la voyais et bouillais intérieurement.

Mais c'est à Lille que papa tomba malade et
 nous dûmes partir en catastrophe nous installer à Ville d'Avray 
après qu'il se soit fait opérer d'une tumeur au cerveau.
Malheureusement, je perdis mon père à 17 ans. 
Je pense honnêtement que cela fut la plus grande tragédie de mon existence et 
maman et moi, mîmes de nombreuses années à nous en sortir et à accepter son absence.

Nous étions toutes les deux dans la région parisienne et 
décidâmes de nous rapprocher de mes grands-parents maternels.
 La seule ville universitaire était Reims et 
nous y arrivâmes en mai 1968 ( juste pendant les événements ! ! )
Je me souviens avec tendresse de cette période mouvementée
 où pour les jeunes de cette époque,
 nous pensions que le monde nous appartenait et nous étions fiers d'avoir fait bouger les choses ! ! !
Que dire de cette période si agitée ?
 Je dois tout de suite vous rassurer : 
je n'étais pas sur les barricades mais avec mes 18 ans,
je soutenais sans vergogne les manifestants de la rue Gay Lussac ! ! !
 Toute la nuit, nous écoutions les informations sur Europe 1
 et suivions avec attention l'état des événements,
 prise de la Sorbonne, constructions de barricades et dépavage des rues.

Après avoir fait le déménagement avec maman sur Reims, 
je repartis chez une amie à Versailles afin de finir 
( ou plutôt, tenter de finir) mon année scolaire.
De retour à Reims, les choses n'étaient pas calmées et 
nous rencontrions encore pas mal de 
manifestations avec affrontements entre étudiants et CRS ( surtout place du Théâtre !!)

Mais l'année suivante, je loupais brillamment mon bac 
mais acquis mon permis de conduire du premier coup……………..
Fréquentant mon futur mari, je décidai qu'il me fallait m'assumer et
 je trouvais du travail dans une importante compagnie d'assurances où je suis restée 25 années ! !!

Voila, les années 60 s'achèvent et pour moi, une nouvelle vie commençait.
 Nouvelle vie, totalement différente 
mais pleine de joies et de bonheur avec la naissance de ma fille.

Je pense que ce retour dans le passé et surtout dans son enfance et 
son adolescence m'a fait du bien et j'avoue avoir pris beaucoup de plaisir à l'écrire.

Mon mai 68

Mon père étant décédé en décembre 1967,
 nous étions maman et moi dans la région parisienne et
 plus exactement à Ville d’Avray 92.

Je me souviens avec tendresse de cette période mouvementée où pour les jeunes de cette époque, 
nous pensions que le monde nous appartenait et nous étions fiers d’avoir fait bouger les choses ! ! ! 
Pensez donc, la France était au bord de la révolution et nos idoles 
comme Cohn Bendit, Sauvageot et Geismar
 tenaient tête au gouvernement et avaient même réussi à le faire plier ! ! ! !

Pour les plus jeunes d’entre vous, je vais en quelques lignes,
 tenter de vous expliquer la situation du moment.
Toute la population était mécontente du gouvernement
 et les étudiants commencèrent à occuper les universités,
 des grèves suivirent et chose extraordinaire, pour la première fois,
 les étudiants et les ouvriers firent bloc et s’unirent dans leurs revendications.
Il y eu même des jours de grève générale et tout le pays s’arrêta……..

Par contre, l’un de mes souvenirs est très précis :
 nous habitions donc à Ville d’Avray 
( banlieue ouest) et j’étais allée à Paris par le train avec une de mes amies .
 La journée a du bien se passer car elle ne m’a pas laissé de souvenir particulier ;
 par contre le retour fut mouvementé surtout
 lorsque nous nous présentâmes à la gare St Lazare
 qui commençait à se remplir de manifestants ;
 j’ai le souvenir d’une meute hurlant des slogans 
contre le gouvernement en place et
 d’un vacarme assourdissant en raison des grandes verrières de la gare.
 La salle des pas perdus était noire de monde et
 nous finîmes par apprendre que tous les trains étaient annulés ! !
Comment rentrer à Versailles ? Ni une, ni deux, nous prîmes, 
je pense me rappeler, un taxi à plusieurs 
afin qu’il nous conduise Avenue de la grande armée et là, 
nous avions l’intention d’attendre un bus ou un taxi collectif
 comme il en existait à cette époque ! ! ! !
Quelle ne fut pas notre surprise de voir que des milliers 
de banlieusards avaient eu la même idée que nous et
 les arrêts de bus étaient bondés de gens attendant la même chose que nous, 
c'est-à-dire un moyen de transport pour rentrer.
Nous fîmes de même et après une longue attente,
 je me rappelle que tout d’un coup, 
mon amie commença à faire de grands signes à une voiture 
qui passait et ………….qui s’arrêta ! ! !
Nous étions sauvées et ma stupeur fut encore plus grande
 lorsque je découvris que le chauffeur n’était autre que Guy Mardel 
( chanteur très connu à cette époque, qui habitait Versailles
 et que ma copine connaissait ! ! ! !

Nous avions décidés,
 ma mère et moi de venir nous installer à Reims et 
nous commençâmes le déménagement exactement courant mai……
Une fois les meubles partis dans le camion, 
nous devions suivre en voiture et 
quelle ne fut pas notre surprise de constater que l’essence avait été volée durant le nuit : 
en effet, les pompes étaient fermées et la pénurie s’installait ! !
Un de nos amis nous vendit quelques litres afin que nous puissions partir et
 ce n’est qu’après Soissons que nous commençâmes
 à trouver des pompes approvisionnées ! ! ! 
 A Reims, les choses n’étaient pas calmées et 
nous rencontrions encore pas mal de manifestations avec affrontements 
 entre étudiants et CRS ( surtout place du Théâtre !!).

Voila en quelques mots, mon souvenir de ces événements
 qui marquèrent un tournant dans la société française.

merci de vos lectures et commentaires.








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