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dimanche 9 décembre 2018

Egypte : LES colosses d'Aménophis III et LE colosse de Memnon


Bonjour,

Article écrit en 2004

Lors de mon petit voyage à Louxor,
j’ai eu la chance d’assister à une conférence dispensée
par un égyptologue de renom : Mr Christian leblanc .
N’ayez crainte, je ne vais pas vous refaire un cours magistral
mais j’aimerais attirer votre attention
sur un point bien précis soulevé
par Mr Leblanc que sont les colosses de Memnon.

Ces deux sculptures de pierre se trouvent
sur la rive occidentale de Louxor
et sont les derniers vestiges du gigantesque
temple funéraire d'Aménophis III
qui n'existe plus de nos jours.


(Thèbes, face à Louxor, rive ouest.)
(vers 1390-1350 av J.C.)


Ils représentent le pharaon assis
sur le trône de ses ancêtres,
les mains posées sur les genoux ;
de chaque côté de ses jambes sont figurées
sa mère et son épouse.

Ces statues monolithiques sont taillés dans une brèche

 siliceuse de quartzite hautes de 18 mètres
(plus de 20 m avec les couronnes aujourd'hui disparues)
et d'un poids de plus de 1300 tonnes.

Ces colosses sont malheureusement fortement endommagés,
depuis l'Antiquité déjà. Strabon,
historien et géographe grec rapporte que,
lors du tremblement de terre qui eut lieu en l'an 27 av. J.-C.,
une grande partie du temple s'écroula et
le colosse droit se fissura de l'épaule au bassin.


Une légende raconte qu'à partir de ce moment, au lever du soleil,
la statue nord commença à émettre des sons, à « parler ».




Ce phénomène aujourd'hui bien compris,
était dû à la dilatation du quartzite 
sous l'effet des premiers rayons du soleil.

 C'est ainsi qu'à partir du Ier siècle avant notre ère,
les Grecs attribuèrent l'édifice à Memnon, fils de l'Aurore.

Selon la légende homérique,
Memnon, tué lors de la guerre de Troie,
retrouvait la vie à l'aube et se mettait à chanter.

Le colosse devint rapidement
un lieu de pèlerinage pour les Grecs,
mais aussi pour les Romains,
qui vinrent en nombre entendre l'oracle de Memnon,
y compris certains empereurs comme Hadrien
aux alentours de l'an 130.

Au IIIe siècle, l'empereur romain Septime Sévère,
qui voulait honorer la divinité
qui se manifestait ainsi chaque matin,
ordonna la restauration de la statue,
qui depuis a cessé de chanter.

En réalité seule la statue de droite
(celle de droite lorsque l'on regarde les colosses de face)
était dénommée Memnon à cause du bruit que la statue émettait
lorsque le vent s'engouffrait dans les fissures causées
par le tremblement de terre en 27 av. J.-C. (Source wikipédia)





Il nous faut donc parler des colosses d'Aménophis III

et du colosse de Memnon ( statue de droite située au nord)



Les colosses en 1880






Merci de vos lectures et à bientôt.

extrait de Les invités du Khédive dans la haute Égypte et à l'isthme de Suez, 1870,
 de Pierre Amédée Pichot (1841-1921), directeur de la Revue britannique.

"On oublie vite ses fatigues au spectacle de cette magnifique plaine de Thèbes" 

(Pierre Amédée Pichot)
"La nuit suivante nous arrivions à Louqsor, où nous devions passer trois jours,

 car Louqsor n'est autre chose qu'un des quartiers de Thèbes,
 et nous étions entourés de tous côtés des ruines de cette ancienne capitale
 qui fut le point de départ de l'époque de renaissance que l'on a désignée 
sous le nom de Moyen Empire, et dont les monuments seuls occupaient 
en surface une étendue au moins égale à celle de Paris ou de Londres.
 Là le Nil s'étale dans un bassin superbe,
 au milieu d'un cirque de montagnes formé par la chaîne libyque. 

C'est au fond de ce cirque, à gauche, que se trouve 

la grande nécropole de Thèbes :
 les temples de Médinet-Abou, du Ramesseum, de Gournah, 
et en avant les deux fameux colosses d'Amenhotep III, 
dont l'un était "ni plus ni moins que la fameuse statue de Memnon 
qui rendait un son harmonieux lorsqu'elle venait
 à être frappée par les rayons du soleil". 

De la berge de Louqsor, où notre flottille est amarrée,

 nous voyons assez distinctement sur la rive opposée
 ces deux gigantesques sentinelles qui semblent veiller 
à la garde de la nécropole et se dressent isolées au milieu de la plaine encore recouverte par les eaux ; mais les autres ruines se perdent dans l'éloignement.
 À notre droite les temples de Louqsor, à moitié enfouis,
 ne dépassent guère les maisons en briques séchées au soleil du village fellah,
 tandis qu'à l'horizon on distingue 
le gigantesque massif de pierre formé par le pylône de Karnak. 

On dit que, lorsque les troupes de la république française,

 commandées par le général Desaix, 
arrivèrent en face des ruines de Thèbes, 
elles poussèrent un cri d'admiration et se mirent à battre des mains. 
Cette émotion, nous l'éprouvâmes aussi en pénétrant dans les ruines de Karnak,
 mais nous devons nous contenter de répéter avec Champollion : 
"Je me garderai bien de rien décrire, 
car ou mes expressions ne vaudraient pas la millième partie
 de ce qu'on doit dire en parlant de tels objets, ou bien, 
si j'en traçais une faible esquisse,
 je passerais pour un enthousiaste et peut-être même pour un fou." 

Des voyageurs plus hardis n'ont d'ailleurs pas craint de parler 

assez minutieusement de cette salle hypostyle,
 où cent trente-quatre colonnes de 70 pieds de haut sont encore debout
 et supportent les restes d'un plafond formé de dalles gigantesques
 chevauchant d'un chapiteau à l'autre. 

On se croit rapetissé à la taille des pygmées de Lilliput
 si on s’assoit sur les genoux des colosses continuant
 leur faction séculaire aux abords de l'édifice qui, 
commencé sous Aménophis III (XVIIIe dynastie), 
vit son périmètre s'étendre et s'agrandir sous les rois suivants, 
dont chacun semble avoir voulu ajouter son contingent à cette construction sublime.
 De là une certaine confusion dans l'ensemble de son architecture 
et quelques doutes de la science concernant sa destination primitive
. Cependant ces murailles éloquentes sont venues 
nous révéler plus d'une page d'histoire. (...)

Au fond du cirque formé à cet endroit du Nil par les montagnes,

 et dont les colosses d'Amenhotep occupent presque le centre, 
nous trouvâmes à la sortie du temple de Deir-el-Bahari,
 élevé à la gloire de la reine Hatasou, un petit sentier tortueux et presque à pic, 
où il fallut descendre de nos ânes pour escalader l'Assassif,
 qui nous séparait de la vallée des Tombeaux.

 Par une chaleur de +37 degrés et en plein soleil,
 nous ne pûmes arriver au sommet qu'après nous être arrêtés
 plus d'une fois pour reprendre haleine et 
sans autre siège qu'un bloc de rocher brûlant.
 Mais on oublie vite ses fatigues au spectacle
 de cette magnifique plaine de Thèbes que l'inondation 
convertissait encore en un véritable lac.

 Dans le lointain, Karnak et Louqsor se détachaient
 au milieu d'une verdure d'émeraude, 
car, le niveau du sol étant plus élevé sur la rive droite,
 les eaux n'y avaient pénétré que par les canaux d'arrosage 
et n'avaient point retardé la végétation

. Et lorsque, éblouis par ce riant panorama,
 vous vous retournez vers le Biban-el-Molouk,
 un autre tableau renouvelle votre ravissement :
 la vue plane dans un immense et majestueux amphithéâtre,
 au fond duquel viennent se confondre les courbes mamelonnées
 de toutes les collines qui l'entourent ; pas une plante, 
pas un brin d'herbe ne végète sur ce sol aride et desséché, 
dont la couleur passe des teintes riches de la pourpre à celles de la rouille,
 et d'où des effluves brûlantes vous montent au visage comme d'un cratère de volcan. 

Les cailloux qui rebondissent sous vos pieds pendant la descente
 troublent seuls le calme solennel qui règne autour de vous.
 Pas un souffle d'air, pas un oiseau, pas un insecte 
: il semble que vous alliez quitter le monde des vivants
, et de fait vous êtes à la porte de l'empire des morts

. C'est au fond de cette vallée que se trouvent les tombes des rois, 
objets de notre visite."

extrait de "Les invités du Khédive dans la haute Égypte et à l'isthme de Suez,"
 1870, de Pierre Amédée Pichot (1841-1921), 
directeur de la Revue britannique.

Les colosses 1897  




2 commentaires:

  1. Quelques petites corrections sont à apporter dans votre texte :
    Ces statues monolithiques sont taillés dans une brèche siliceuse de quartzite (et non en granit).
    C'est ainsi qu'à partir du Ier siècle avant notre ère (et non à l'époque chrétienne)
    La statue nord commença à émettre des sons.
    En réalité seule la statue de droite (celle de droite lorsqu'on regarde les colosses de face)
    Bien cordialement. Christian Leblanc.

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